700 cm³ sous la selle et une question qui grince : qui peut vraiment dompter ces grosses cylindrées sur les routes françaises ? Pas de raccourci ni de passe-droit : la réponse tient tout entière dans la réglementation, et elle n’a rien de linéaire.
Comprendre les différentes catégories de permis moto en France
En France, chaque permis moto trace sa propre frontière. Il ne s’agit pas seulement de cylindrée, mais aussi de puissance, de limite d’âge et de parcours de formation. Une cartographie parfois brouillée pour qui ne maîtrise pas le jargon administratif. Voici comment s’y retrouver :
- Permis AM : réservé aux cyclomoteurs de 50 cm³, accessible dès 14 ans. Les jeunes en raffolent pour sillonner la ville, mais il ne permet guère plus que cela.
- Permis A1 : dès 16 ans, pour les motos jusqu’à 125 cm³ et 11 kW. Ce créneau attire les amateurs de scooters et de petites motos nerveuses, parfaites pour débuter.
- Permis A2 : à partir de 18 ans, c’est le véritable sésame pour accéder à la grosse cylindrée, dans la limite de 35 kW (environ 47,5 chevaux). Qu’il s’agisse d’une Yamaha, d’une Ducati ou d’une Triumph, le modèle doit être bridé si sa puissance dépasse le seuil.
- Permis A : la catégorie sans bride. Après deux ans de permis A2 et une formation supplémentaire de 7 heures, plus aucune barrière : toutes les motos, sans restriction de puissance, deviennent accessibles.
Le système français épouse les normes européennes, mais l’accès à chaque catégorie dépend toujours de l’expérience acquise et des formations validées. Si l’envie de piloter une moto de forte cylindrée vous démange, gardez en tête que la législation évolue régulièrement, toujours pour renforcer la sécurité et accompagner la progression des motards. Avant de rêver à la route ou à la puissance, il faut donc s’assurer d’avoir le bon permis en poche.
Permis 700 cc : quelles motos peut-on réellement conduire ?
Le segment des motos 700 cm³ suscite l’engouement, autant chez les pilotes chevronnés que chez ceux qui cherchent de nouvelles sensations. Mais alors, avec un permis 700 cc, jusqu’où peut-on aller en France ? La réponse dépend à la fois du permis détenu et de la puissance affichée sur la fiche technique.
Pour les titulaires d’un permis A2, le verrou est clair : 35 kW maximum, soit 47,5 chevaux. Plusieurs modèles phares répondent à ces critères, à condition d’être bridés :
- Yamaha MT-07, Triumph Trident 660, Suzuki SV650 : ces valeurs sûres du marché sont accessibles si elles sont équipées du kit de bridage conforme.
- Ducati, de son côté, propose aussi certaines déclinaisons bridées spécialement pensées pour les motards A2.
Les marques l’ont bien compris et multiplient les versions bridées pour s’adapter à la législation. Si vous détenez le permis A, la route s’élargit : plus de limite de puissance ni de rapport poids/puissance, les machines iconiques comme la Harley-Davidson, la Triumph Bonneville ou la Ducati Monster sont à portée de main, à condition de respecter le code de la route.
Un détail capital : le bridage doit être certifié, avec un justificatif émanant du constructeur ou d’un professionnel agréé. Ce document sera réclamé lors de tout contrôle, il n’y a pas à discuter.
Les quads 700 cm³, eux, sont soumis à une réglementation distincte : leur conduite nécessite un permis différent de celui des deux-roues.
La diversité de l’offre en moto 700 cc permet de s’adapter à chaque profil de motard, débutant comme confirmé. À la seule condition de respecter les seuils de puissance et les règles de bridage, chacun peut savourer la liberté, sans risquer un rappel à l’ordre.
Exigences, démarches et coûts pour obtenir le permis adapté
Accéder à la conduite d’une moto de 700 cm³, ce n’est pas une formalité. Plusieurs étapes balisent le parcours, à commencer par l’inscription dans une moto-école agréée. Que vous soyez à Paris ou ailleurs, ces centres proposent des formations sur mesure selon votre profil.
Le parcours du permis moto
Le cheminement vers le permis moto se structure autour de trois étapes majeures :
- Passage de l’examen théorique moto (ETM), spécifique à la conduite d’un deux-roues et distinct du code auto classique.
- Formation pratique en circulation et sur plateau, pour apprendre à maîtriser la machine, les manœuvres d’urgence, l’équilibre, et les situations inattendues.
- Série d’épreuves finales : test sur plateau hors circulation, puis mise en situation sur route ouverte. Réussir ces étapes donne accès au permis tant convoité.
Le coût d’un permis moto varie sensiblement selon la région, la notoriété de l’école ou le rythme d’apprentissage. En moyenne, il faut prévoir un budget oscillant entre 800 et 1 300 euros pour l’ensemble du parcours (cours théoriques, heures de conduite, inscription aux examens). Dans certains centres urbains comme Paris, la somme grimpe parfois davantage.
À ce budget s’ajoutent d’autres dépenses : la délivrance du titre officiel, l’assurance adaptée à la cylindrée, et la carte grise. La formation elle-même est pensée comme un tremplin, pour garantir une vraie maîtrise des motos de forte puissance. Les exigences, à la fois théoriques et pratiques, sont conçues pour préparer le motard à la réalité de la route sur une 700 cc.
Bridage, réglementation et conseils pour rouler en toute légalité
Pour ceux qui visent une moto de plus de 700 cm³ avec un permis A2, le bridage reste incontournable. La loi française impose une limite à 47,5 chevaux (35 kW) pour ces véhicules. Impossible d’y couper.
Pour être conforme, la moto bridée doit recevoir un kit homologué ainsi qu’un certificat de conformité, délivré par le constructeur ou un atelier agréé. Sans cette attestation, impossible d’immatriculer le véhicule. Ce point ne souffre aucune exception.
Certains tentent encore le débridage sauvage. Les risques sont réels : retrait du permis, immobilisation de la moto, suites judiciaires. L’article L. 317-23-1 du code de la route ne laisse aucune place à l’ambiguïté.
Côté assurance, la règle est tout aussi stricte : tout accident impliquant une moto non conforme entraîne une exclusion de garantie et des répercussions financières lourdes. L’assureur se désengage immédiatement.
Anticiper aussi le contrôle technique à venir pour les deux-roues : conformité du bridage, état des équipements, absence de modifications non autorisées. En cas de retour à la pleine puissance pour les détenteurs du permis A, une attestation de débridage conforme à la procédure officielle sera exigée.
Respecter ces règles, c’est plus qu’une formalité administrative. C’est la garantie de rouler en toute confiance. Entre contraintes réglementaires, démarches précises et vigilance sur l’état de sa machine, le plaisir de la route se conjugue avec responsabilité. À chacun de tracer sa trajectoire, entre exigences et liberté assumée.

